J'ignore comment les autres lecteurs lisent, comment ils sélectionnent leur nouvelle lecture. Pour ma part, je fais partie de ceux qui ont des "passes". Si je suis d'un naturel plus thrillers que chick litt ou YA, je ne rechigne pas à lire ces genres lorsque l'occasion se présente ou que ma soif de lecture se manifeste. Toujours est-il que toutes mes lectures sont orientées par les passes que je traverse. Si je suis dans ma passe thrillers, par exemple, impossible d'ouvrir un roman de bit lit. Ces passes durent plus ou moins longtemps, et j'ai appris à compose avec. Ces derniers temps, trop de choses se sont écoulées pour que j'arrive à écrire correctement un article réfléchi et argumenté portant sur un livre. Mais je vous rassure : je continue à lire. Le rythme est un peu moins soutenu, cependant ma PAL ne cesse de grandir et mes mains ou mon sac sont toujours occupés avec un livre. En ce moment, je suis centrée sur la période victorienne et sur une série que j'aime beaucoup, qui m'a suivi pendant une grande partie de mes études : les romans d'Anne Perry, mettant en scène le policier Thomas Pitt et sa femme, Charlotte. 

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Anne Perry est une auteure très prolifique (vingt-huit romans de Thomas et Charlotte sont sortis, sans compter les autres livres qu'elle a écrit sur d'autres héros), et j'aime beaucoup sa plume. A la fois satirique et acérée, elle ne fait pas de cadeau à la société victorienne de la fin du XIXème siècle. Les personnages qu'elle met en scène sont tous extrêmement intéressants, représentant une palette de caractères, mode de vie, finalités et hiériarchies. On y croise de toute sorte de gens, de l'aristocrate aux valeurs extrêmes à l'épouse totalement surprotégée, en passant par le miltiaire en fin de carrière ennuyeux, la comtesse endimanchée et langue de vipère, les groupes fortunés vivant dans l'opulance et entretenant la fange par leurs ragots et actes repoussants ... C'est un véritable théâtre de couleurs et de vie à double facette qui se déroule sous les yeux du lecteur. Après quelques tomes, on perçoit facilement les codes qui entretiennent cette société, et la lecture n'en est que plus savoureuse. Tout est paillette et décorum sous couvert de bonne éducation, et par derrière, les femmes entretiennent des liaisons, les hommes gardent jalousement leurs secrets les plus inavouables et chacun se cotoie avec sourire et rancoeur. 

 

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Thomas nage au milieu de cet océan de soie et de crabes, se débattant comme il peut pour entrer dans les secrets des couples, trouver les indices qui se cachent sous les fards et les vérités qu'on aimerait bien voir cachées à jamais. Toujours poli, parfois glacial, il ne se laisse pas impressionner et mène ses enquêtes haut la main, aidé par sa femme, Charlotte, ainsi que son entourage : Tant Vespasia, Emily, Jack ... Cette famille (au sens large) est tellement attachante qu'avec le temps, on se surprend à les aimer comme des personnes réelles. On sait tout d'eux : les enfants, les mariages, les atouts, les faiblesses ... cependant je regrette que l'auteur ne se centre pas assez sur leur vie personnelle, exceptée lorsqu'elle dessert les besoins de l'enquête. Tout, chez Anne Perry, passe par le psychologique. Chaque élément a sa place dans la mécanique du roman, les attermoiements, les remises en question, les prises de conscience ... mais j'aurais aimé un peu plus de futilité, de digressions pour rendre les personnages principaux encore plus humains.Il n'en reste pas moins que chaque roman est une source inépuisable de curiosité victorienne, et possède une évolution qui lui est propre.Pitt ne stagne pas à résoudre encore et encore des enquêtes. Il évolue dans son métier, dans sa vie de famille, et entraine avec lui son entourage. Chacun va connaître des joies et des peines, c'est une véritable épopée familiale qui se déroule sous les yeux du lecteur au fil de ces vingt-huit tomes. Pour ma part, je déplore le choix de l'auteur quant à la carrière de Pitt ... mais la qualité littéraire reste indéniablement la même.

Je suis bien partie pour relire encore et encore ces livres, qui occupent une place de premier plan dans ma bibliothèque. Jamais je n'aurais imaginé l'engouement créé en ouvrant pour la première fois "L'étrangleur de Cater Street". Je n'ai pas fini de me plonger dans la société victorienne. En revanche, je ne pense pas les chroniquer ici, c'est pour cela que je tenais à faire cet article un peu global, pour vous présenter cet univers si cher à mon coeur et si addictif. J'espère vous avoir donné un peu envie de le découvrir, et si jamais les livre vous paraissent un peu long, tentez quelques uns des contes de Noël que j'ai mis en photo dans cet article (et dont je trouve les couvertures absolument magnifiques), qui sont un ravissement pour l'imagination et les yeux.

  

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