ConfidenceIsKey2

 

C'est Alicia (que je suis énormément car j'adore son style, le design de son blog et ses billets toujours très pertinents) qui m'a donné l'idée de faire un petit billet de réflexions sur mon potentiel de lectrice (elle l'a fait, et je vous encourage à aller le voir). A l'aube de l'année 2015, je me rends compte que j'ai beaucoup évolué en tant que lectrice/blogueuse/personne. 

Il fut un temps (pas si lointain, je dirais quatre ou cinq ans) où la lecture emplissait ma vie, encore plus que maintenant. J'ai toujours adoré lire. Mes parents sont intarissables sur les anecdotes de mes livres et moi lorsque j'étais petite (à deux ans, je déchiffrais les bouquins d'histoire, enfoncée dans une des étagères du bas de la bibliothèque familiale dont j'avais viré tous les livres ; en vacances, on me marchait continuellement dessus car je me fourrais dans tous les coins/escaliers/canapés pour lire ... je pouvais passer des semaines sans regarder la télé). Bref, j'en ai fait ma passion, ma priorité, grâce entre autre à mon père qui a réservé une pièce entière de la maison pour faire une bibliothèque (16m² tapissés de livres ... le bonheur). 

Lorsque j'ai commencé à vouloir parler de mes lectures, j'ai créé mon premier blog, tâtonné un peu pour trouver mon style, la façon d'écrire des billets, sans être répétitive et pour être un minimum intéressante, j'ai du me familiariser avec canalblog ... grâce à Livraddict (qu'on ne nomme plus tellement ce site est devenu primordial pour tout amoureux de livres), j'ai énormément évolué : j'ai rencontré des tas d'autres gens qui ont la même passion que moi (j'en connais certains depuis presque six ans à présent), j'ai échangé, discuté, donné mon avis, j'ai appris à écrire des avis qui tenaient la route, à m'impliquer dans l'univers de la lecture. Mais je me suis un peu laissé avaler par la machine (pas par Livraddict, qui est mon site préféré, mais par des habitudes). 

Ainsi, je suis devenue un peu obsédée par les commentaires, les "j'aime" sur FB, les nombres de vue. Je désespérais de voir que mes billets n'avaient que quelques commentaires, que je n'avais pas le potentiel d'autres bloggeurs, je me demandais pourquoi personne ne commentait, parfois je me plaignais un peu ... bref cette attitude un peu puérile m'a mangé. Et les SP ... chaque vendredi soir, j'étais addict aux partenariats, je me jetais presque sur l'ordinateur pour être à 19h pile pour envoyer le mail et demander un titre. Je déprimais lorsque je voyais tout le monde avec plein de services presse, des livres à gogo, alors que ma boite à lettre restait vide. Voir quelqu'un qui déclarait "cette année, pas de partenariat ou de service presse" me semblait étonnant, ahurissant, car pour moi c'était des opportunités de découverte. 

Et puis j'ai évolué. Pas d'un coup, mais à présent, tout cela, c'est terminé (je ne vais même presque plus sur FB et j'ai abandonné Twitter). J'ai changé radicalement, et avec le recul, je me rends compte que si j'avais ce comportement aussi addict, c'était parce que je n'étais pas très heureuse dans ma vie personnelle (entre autre par le fait que personne ne partageait ma passion dans mon entourage). 

A présent, j'ai arrêté de m'inscrire aux partenariats, de stresser pour savoir si je suis prise ou de me précipiter sur l'ordinateur. Je n'ai pas proposé de partenariat depuis au moins deux ans, et je m'en porte très bien. Je ne refuse pas les Services Presse, mais je ne reçois jamais de demande, et sincèrement, ça ne change pas ma façon de lire ni mon humeur.  Au contraire, à présent je lis et blogue sans contrainte. Je ne me ronge plus les sangs si mon article n'a aucun commentaire ni de j'aime. Je lis toujours avec bonheur les petits messages laissés au fil de mon blog, j'échange avec autant de plaisir avec les copines lectrices, mais je ne me prends plus la tête sur une potentielle "célébrité" de mes billets ni de mes statuts. Ma BAL reste vide de tout livre offert par les maisons d'édition, mais ma PAL ne faiblit pas pour autant. Mon blog n'a que quelques commentaires (je remercie chaudement ces personnes) mais je publie toujours et ne désespère pas. Je lis lorsque je veux, ce que je veux, je publie quand je veux et je parle de ce que je veux. A un moment, j'en étais à me dire "il faut que je publie un article tous les deux jours sinon les gens vont abandonner mon blog". A présent, je me rends compte que cette obligation est totalement inutile et servait plus à me pourrir la vie. J'écris quand je le désire, je parle des livres que je veux, j'ai repris une liberté savoureuse à propos de ma passion. (et j'avoue qu'à présent, les gens qui courent après les commentaires, les j'aime et les SP m'agacent ... je me serais baffée si je me rencontrais dans le passé ^^).

Ma PAL est toujours aussi élevée (257 livres au dernier comptage, gloups), je suis loin d'un esprit de compétition en ce qui concerne qui aura le plus de SP, qui aura le plus de commentaires sur son blog ou le plus de like sur sa page. J'adore mes copines lectrices, je les admire énormément pour leur travail qu'elles font sur leurs blogs, la qualité de leurs billets et leur gentillesse. Je me sens loin de les égaler, et je vous encourage par ailleurs à aller voir leurs chroniques qui vous donneront des idées précises sur les qualités et les défauts de certains romans. J'aime la communauté des lecteurs, les rencontres faites au gré d'internet, les liens qui se créent, les conseils, les titres, les avis et tous les éléments du quotidien qu'on échange. J'ai simplement appris à compartimenter un peu, à ne plus me laisser manger par ma passion et par le carcan social qu'il existe parfois autour de moi.

Car non, je ne lis pas de classiques, je n'ai jamais ouvert Proust, Balzac ou Hugo. J'ai lu vite fait un ou deux Zola que je n'ai pas aimé. Je n'ai pas lu Jane Austen (bien qu'Orgueil et Préjugés attende sagement dans ma PAL), ni Hemingway, ou Albert Cohen. Je ne m'en porte pas plus mal. Ce genre ne m'intéresse pas, je n'aime pas trop ces longs romans dont l'intrigue ou le style m'ennuie un peu. J'aime lire des BD, des romans de fille, des policiers, des thrillers, des romans contemporains, des livres jeunesse, d'ados ou encore quelques biographies. Je ne me prétends pas érudite, ni plus intelligente parce que j'ai une bibliothèque de plus de 1500 livres. Et je ne lirais certainement pas des auteurs qui ne me plaisent pas "pour faire bien". J'excècre la littérature de fanfaronnerie. Si un jour je décide de lire du Romain Gary, c'est par intérêt et non pour me faire bien voir. J'arrive au boulot avec des livres légers comme "Charley Davidson", je lis "L'apprenti épouvanteur" devant les collégiens, je parle du journal de Bridget Jones et de l'accro au shopping ... je me bats pour faire comprendre aux élèves qu'il ne faut pas dire "j'aime pas lire" mais "je n'ai pas encore trouvé LE livre qui me donnera envie de lire".  Bref, je suis plus posée, plus calme et moins centrée sur ce que les autres vont penser/faire/dire. 

A côté de ça, je cherche toujours à faire mes billets de la façon la moins rébarbative possible, à expliquer mes impressions de façon claire, légère, aérée. Je vais me mettre à photofiltre pour des montages permettant de mettre un peu plus de couleurs dans mes billets, je ne me cantonne plus à mes simples lectures, j'essaye de montrer aussi mon univers de lectrice.Je suis moins présente sur la toile, je ne vais plus sur Livraddict hormis pour mettre à jour ma base de données bibliomania, car j'ai appris à profiter aussi du bonheur que j'ai à présent, tout en continuant à lire et à partager. 

Voilà, c'était un billet basé sur la réflexion, sur mon évolution depuis quelques temps (même si j'ignore si beaucoup le liront). Il peut sembler un peu brouillon, mais j'avais besoin de faire ce petit point, et je remercie chaudement Alicia de m'avoir donné le courage (sans le savoir) par son billet qui est bien mieux écrit que le mien.