couv45258095

Résumé

Un pari lors d'une soirée trop alcoolisée amène Enzo MacLeod, ancien légiste de la police écossaise établi en France, à entreprendre une enquête autour de la mystérieuse disparition de Jacques Gaillard, ancien conseiller du Premier ministre devenu star de la télévision et dont on n'a plus aucune trace depuis le mois d'août 1996. Cette affaire énigmatique va le conduire de surprise en coup de théâtre d'un bout à l'autre de la France, dans un macabre jeu de piste imaginé par des esprits aussi brillants que machiavéliques.

Impressions

J'ai découvert Peter May avec sa trilogie écossaise, qui m'a plu. Je n'ai pas encore testé ses enquêtes chinoises (allez savoir pourquoi, les intrigues concernant ce pays me laissent parfaitement indifférente) mais quand je suis tombée sur le premier opus des aventures d'Enzo, je n'ai pas hésité : il me le fallait. J'ai mis un peu de temps à le lire, car avec la rentrée qui fut très speed, le futur marathon des onze semaines à préparer, j'ai à peine pu me poser dans le jardin pour lire au soleil. Mais je ressors ravie de cette lecture. 

Enzo McLeod est un personnage sympathique à suivre. Il a un côté un peu brute de décoffrage, ce qui amène à des situations compliquées (pour lui). Tenace, il suit son idée comme un limier suit sa proie, et rien, vraiment rien ne peut le faire lâcher prise. Au final, son passé de légiste lui a peu servi, c'est peut-être un des points que j'aurais aimé voir se développer dans ce roman. Au fil des pages, il est aidé par son entourage dans sa quête de vérité : Raffin, le journaliste qui lui donne un sacré coup de main, Charlotte, une psy au passé un peu trouble, Nathalie, une étudiante qui est très amusante dans sa façon d'être. La famille d'Enzo est également très présente, surtout sa fille Sophie et son petit ami Bertrand. Ces derniers donnent une dimension humaine à notre héros, évitant à la fois à Enzo et au lecteur de trop s'engluer dans l'enquête. Enzo nous fait découvrir à travers eux des facettes qui n'auraient pas été possibles d'explorer si l'auteur s'en était strictement tenu à la résolution d'un mystère : il est à la fois protecteur, hargneux, farouche, méfiant, repentant ... l'ensemble de ces personnages permettent de composer une palette d'émotions assez intéressantes, loin du stéréotype de l'enquêteur sans peur et sans reproche ou au contraire hanté par des démons. Enzo se rapproche du commun des mortels, et ça fait du bien. 

L'enquête en elle-même est parfois un peu ardue à suivre. J'ai sourit en pensant à la logique vraiment tirée par les cheveux de certaines scènes, il faut être bien attentif pour le pas perdre le fil des déductions. Mais paradoxalement, l'ensemble est facile à suivre, et s'apparente à un jeu de piste haletant qui renvoie sans cesse à une nouvelle découverte. Le fait qu'Enzo chane de "compagnons de route" fréquemment amène aussi de la nouveauté, et évite un côté répétitif qui aurait pu se développer au fil des pages. Concernant la plume de l'auteur, j'ai parfaitement adhéré, de même qu'au rythme soutenu de l'enquête, qui s'apparente au genre policier plutôt qu'au genre thriller. En effet, il y a peu de suspens haletant, plutôt un mystère qui se résoud sur la durée. J'ai trouvé l'idée globale originale et traitée avec beaucoup de talent. Sans compter qu'il nous fait voyager dans des villes que je ne connais pas bien : Cahors, Auxerre ... et cela m'a du coup donné envie de les visiter. Le final reste dans la logique du roman, sans déception pour ma part, avec une révélation satisfaisante. Elle promet également d'autres tomes, qu'il me tarde de découvrir (le prochain sort le 4 Mai, il est d'ors et déjà commandé !) 

Ce livre est un bon moment de détente, à savourer au soleil maintenant que les beaux jours reviennent !