Dans ma PAL trainait un livre que j'avais entamé, puis reposé (ça m'arrive lorsque je n'arrive pas à rentrer dans le récit). J'ai depuis longtemps abandonné l'idée de comprendre mes passes de lecture, tantôt je dévore des thrillers, tantôt de la chick lit, tantôt je suis plus intrigues ésotériques ou encore romans historiques... 

Bref, à force de croiser ce livre dans les librairies, de me dire "ah oui, il est dans ma PAL, je vais peut-être le li...oh, un autre titre super", j'ai fini par le sortir, de virer le marque-page qui moisissait entre les pages et de reprendre à zéro. Ce livre, c'était "La formule de Dieu", de J.R Dos Santos. 

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Déjà, la couverture me tentait bien, car Albert Einstein a quand même une bouille sympathique. C'est l'archétype du papy, avec le regard doux de l'épagneul breton et la moustache qui pique. Quand au résumé, je suis loin d'être calée en astrophysique, mais ça ne doit pas être bien sorcier. Emportée dans mon élan, toute frétillante, j'ai ré-entamé la lecture de ce livre. 

Aouch. Comment dire? Ce livre a eu le mérite de me faire connaître des sommets de sentiments mitigés. Si on écoute mon avis, je n'ai pas aimé. Le personnage est ultra-niais, pose des dizaines de questions qui, au final, ne sont pas trop utiles, la trame de l'intrigue est presque inexistante, bref, si j'étais méchante, je dirais que ce livre est une vaste fumisterie. Mais je ne le suis pas, et je me contenterais de dire que j'ai ramé. Du genre ça : 

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Mais je me suis accrochée. J'ai râlé interieurement, parce que sincèrement, c'est pas possible : les personnages s'écoutent TROP parler. Un peu comme si en demandant innocemment à tata Jeanette "dis, comment tu l'as rencontré, tonton Achille?", elle te déballe l'histoire familiale au grand complet et en plus te fait une dissertation sur l'attirance physique et la construction du boulevard de Strasbourg car c'est là qu'il l'a heurté par mégarde en bicyclette parce qu'un pavé était descellé.  

Genre les explications demandent de suivre à la lettre près le déroulé parce que si tu loupes juste un mot, tu es obligé de tout recommencer depuis le début parce que tu ne comprends plus rien.

Genre les explications font souvent 10 P*TAIN DE PAGES ! 

Genre on s'en fout 

Genre tu menaces le personnages principal de le pendre par les narines en le fouettant avec des orties à chaque fois qu'il ouvre la bouche pour poser une question... parce que tu sais que tu es reparti pour dix autres pages de blabla. 

Bref, ce livre est juste fait pour étaler sa science. Tu en ressors lessivé parce que 1) tu as compris que tu étais un imbécile fini 2) au final tu ne te souviens même plus de l'intrigue 3)ton cerveau a fait quatre tours sur lui-même. 

C'est lourd. 

 

Alors comme je suis un peu maso sur les bords, j'ai lu un deuxième volume : 

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Bon, ici, l'intrigue m'a mieux plu, parce que les machins un peu ésotériques, c'est ma tasse de thé. 

Mais ...

J'ai eu envie de gifler le personnage principal. Impossible de trouver autant de suffisance et de hauteur ailleurs. Le mec passe son temps à démonter les visions des autres en affichant un petit sourire que j'imaginais bien narquois (bien que l'auteur veuille le faire passer pour un gentil). Pendant TOUT le livre, il expose un avis certes très intéressant sur un aspect de la religion, mais tourné de manière tellement maladroite : on repart encore pour des dizaines de pages d'explication. Et sans arrêt, j'ai eu l'impression de voir la même scène sous mes yeux : la policière expose son point de vue, T. sourit et démonte tout. Elle est sur le point d'exploser, essaye de contrer, et il lui redémonte tout. 

J'ai envie de dire : c'est quoi l'intérêt de le tourner ainsi ? 

Si je voulais lire un livre de rhétorique, j'aurais choisi ce livre. Mais zut, moi je voulais lire un bon bouquin pour me détendre, avoir une chouette intrigue et passer un bon moment. Pas me casser la tête toutes les deux pages pour voir un dialogue interminable et des scènes qui se ressemblent. 

Encore une fois, étalage de connaissances de manière suffisante. Et ce personnage ... à secouer comme un prunier ! 

 

Afin de nuancer un peu ce déluge de râleries, je tiens à préciser que les connaissances évoquées sont néanmoins absolument passionnantes. Je veux dire, quand on prend le temps de décortiquer un peu les explications, on découvre des aspects certes un peu techniques mais qui nous font dire "ah ouais, pas bête!". Du coup, c'est vraiment dommage que ce ne soit pas tourné différemment, car je pense que l'auteur tient des pépites dans ses mains. 

 

Tout ça pour conclure quoi ? Je me suis couchée moins bête même si j'ai oublié les 3/4 des infos. Tomàs fait grincer des dents. J'ai lu les deux autres ouvrages de l'auteur : la suite de la formule de Dieu : même accabit ; une histoire sur Christophe Colomb, qui fait moins étalage de connaissances mais qui ne m'a pas emballée plus que ça. 

Découverte plus que mitigée, mais au moins j'ai essayé en lisant les 4 ouvrages !